C'était ma deuxième séance (voir Cours 1/3) auprès des étudiants du Master Management des Médias Ecrits de Sciences Po de Rennes. Encore deux chapitres et toujours la presse numériques en filigramme mais bien plus encore une fois sur le web au sens large du terme.
# Le chapitre 3 est intitulé les filtres phares susceptibles d'intéresser la presse. Nous avons distingué 3 grandes catégories de filtres. 1) Les filtres automatiques avec un focus très détaillé sur le moteur web Google bien évidemment, ainsi que sur le moteur blog Technorati parce qu'il le vaut bien. 2) Les filtres sociaux avec un focus très détaillé sur Wikio, un mélange de Google Actualités / Google Blog avec des votes de popularité, sans oublier bien évidemment le phénomène controversé Digg. 3) Le développement croissant des filtres personnels avec la messagerie électronique, les flux RSS et les pages personnelles (Netvibes pour le coup).
A retenir pour la presse trois caractéristiques principales : (i) un grand nombre de lecteurs passe par des filtres pour aller à l'information et non sur la page d'accueil ou sur un journal; (ii) il existe un large nombre de filtres et donc derrière de lecteurs aux usages / parcours de navigation différents ; et (iii) le succès de ces filtres suggère un intérêt de certains lecteurs pour les sources multiples d'informations.
# Le chapitre 4 est intitulé structure hyperliée des contenus numériques. Il combine des études existantes et une étude en cours de mon cru sur les 500ères audiences internationales, classées en 4 grandes catégories : moteur/portail, médias sociaux, médias d'informations, et entreprise web. 1) La longue traîne des audiences entre abondance et diversité, la domination des moteurs/portails et des médias sociaux en termes de contenu, etc. Les frontières de plus en plus floues entre les différents services proposés par les sites. 2) Au-delà du visiteur unique : pages vues, temps passé, visibilité, popularité, autorité, types de visiteurs, etc. avec une présentation des différentes mesures d'audiences existantes. 3) Les hyperliens entrants et sortants intra- et inter-contenus : d'où viennent les visiteurs ? vers où repartent les visiteurs ? 4) Le web n'est qu'une autoroute avec de grands axes et de grandes villes, fortement hiérarchisé toutes les pages sont aisément accessibles, enlever le coeur et... les pages s'éloignent mais elles demeurent presque toutes liées, il faut simplement un peu plus de clics. 5) L'architecture du web est un peu plus complexe, il y a des pages totalement isolés, des pages inacessibles mais qui donnent accès, des pages qui ne donnent aucun accès mais sont accessibles, des pages entre ces deux composantes, et il y a finalement le coeur du web constitué de pages très fortement connectées entre elles.
A retenir pour la presse : (i) elle ne représente pas le contenu coeur du web et ne peut se comparer aux autre contenus compte-tenu d'usages différents ; (ii) elle représente un contenu dont les sites sont peu liés entre eux, elle renvoie peu vers les autres contenus, mais elle reçoit beaucoup des autres contenus, elle tend à s'isoler du reste du web ; (iii) les blockbusters du coeur du web (nombreux hyperliens entrants et sortants) ne sont autres que les Google, Yahoo!, Microsoft et autres portails, mais également des médias sociaux avec en tête l'encyclopédie en ligne Wikipédia, la blogosphère Wretch et Xanga, l'agrégateur Digg, le réseau social Friendster et le multimédia en ligne avec Flickr et Youtube.
Une fois ce petit tour du web terminé, la dernière séance sera consacrée à la presse et uniquement à la presse numérique.
