Les Trans Musicales ont eu lieu la semaine pasée à Rennes. Je n’ai pas l’intention de vous parler de musique mais plutôt de l’étude des trans musicales. Plus précisément, j’ai découvert toute la richesse actuelle de la Base de données des Trans 2005-2009. Réalisée par Thomas Lagarrigue et par Christophe Brault, elle est décrite de la manière suivante : «Cette cinquième base de données est toute entière une invitation à vous laisser embarquer pour l’aventure. La cartographie, atlas des constellations esthétiques de cette édition, projette en vue panoramique les différentes destinations musicales du voyage au cours duquel chaque artiste est comme une étape possible. Les fiches n’en disent pas plus que le strict nécessaire pour vous laisser décider. Le lexique vous aidera dans la jungle des jargons. La discographie, que nous avons voulue la plus exhaustive possible, vous mène sur tous les chemins que les artistes ont déjà arpentés. Cette base de données peut vous transformer en explorateur. N’hésitez pas !»
[La carte du ciel musical des Trans, Thomas Lagarrigue, 2008]
Derrière ces différents outils, il y a une réelle ambition : tenir compte de toute la complexité des artistes et des genres musicaux, ne surtout pas leur mettre une unique étiquette. «L’élément clé est sans doute que toutes les esthétiques musicales ont des liens entre elles. Aucun style ne peut être complètement dissocié des autres. Les musiques qui émergent aujourd’hui sont le produit de mélanges culturels complexes, de parcours sinueux et d’accidents historiques. (...) Plus il y a de genres différents, plus il y a de possibilités en matière de création. Certains genres apparus ces dernières années peuvent avoir une douzaine de composantes musicales distinctes. Le champ des possibles en matière de création musicale semble donc s’ouvrir à l’infini, questionnant toujours plus les moyens de mieux connaître toutes les musiques, et donc les façons de communiquer sur la musique en général.»
Petite illustration de toute la richesse de cette base de données à partir des deux compères de Del Cielo. Et laissons-nous dériver aux possibilités futures d’interactivité numérique. La fiche artiste contient les informations suivantes : (1) la petite photographie, le pays d’origine, l’année des débuts de l’artiste, la formation musicale et le site internet de l’artiste ; (2) les genres musicaux avec trois niveaux : le genre, les éléments principaux et les éléments ponctuels ; et (3) le lieu et la date de leurs concerts lors des Trans Musicales de l’année. Si cette fiche était interactive, augmentée et mise à jour à mesure du festival [*], il y aurait la possibilité d’aller (1) découvrir le site de l’artiste, regarder un ensemble de photos et il y aurait un lien vers la discographie de l’artiste ; (2) la souris passerait sur les genres musicaux et les éléments du lexique apparaîtront, ainsi que d’autres artistes à découvrir ; (3) la programmation de l’UBU serait rendue visible de manière à pouvoir découvrir les autres artistes du jour ou des jours suivants.
[La fiche de Del Cielo, Thomas Lagarrigue, 2009]
La discographie de l’artiste permet de découvrir de manière plus approfondie le parcours musical de chaque artiste, on y verrai bien quelques possibilités audio afin de pouvoir en écouter et découvrir des extraits.
[La discographie de Del Cielo, Christophe Brault, 2009]
Le lexique vise à fournir quelques indications aux amateurs notamment sur les genres musicaux : «ce lexique regroupe certains termes spécifiques à la description de la musique d’un artiste. Il n’est évidemment pas exhaustif. Les mots définis proviennent essentiellement des fiches artistes réalisées dans les Bases de données des Trans.» Et il n’y a aucune arnaque en la matière, j’ai calculé rien moins que 217 genres ! Et les petites étoiles remplacées par des liens divers et variés ne peuvent alors qu’être une incitation à la découverte dans un nuage de tags musicaux.
[L’un des genres ponctuels de Del Cielo, Thomas Lagarrigue, 2009]
Et enfin, la carte du ciel musical me semble être l’entrée la plus attractive où tous les autres éléments de navigation et de découverte viendrait s’y coller : «Une cartographie plaçant tous ces artistes les uns par rapport aux autres dans le contexte de l’ensemble des esthétiques musicales, effaçant ainsi tous les préjugés liés aux origines géographiques des artistes, à leur date de débuts, ainsi qu’à leur supposée appartenance à un unique courant musical identifié.» Je vous laisse imaginer.
[Les nuages musicaux de Del Cielo, ThomasLagarrigue, 2009]
En conclusion, véritable travail d’orfèvre, cette base de données me semble une véritable réussite pour commencer à flâner. Je dois avouer que tous ces différents éléments m’inspirent fortement tant en termes de design interactif (mais ça je ne sais pas faire ; cf. visual complexity section musique entre autre) qu’en termes de recherche interactive : informer sur et étudier la complexité des liens est toujours passionnante. «Ce guide n’a pas été conçu comme un outil de communication sur les Rencontres Trans Musicales mais comme une source d’informations à caractère pédagogique sur les tenants et les aboutissants d’une programmation singulière, souvent mal compris et pourtant emblématique de ce qu’est la création musicale d’aujourd’hui.»
[*] Les opportunités d’enrichir à mesure une carte interactive sont présentes via l’éco-système numérique des Trans : un site internet et un blog avec un ensemble de petits news et de photographies, une présence sur flickr ; une radio trans sur wordmee mais également un ensemble de vidéos sur dailymotion ; sans oublier les réseaux sociaux de facebook et de myspace ; ou encore une présence sur twitter pour du micro-blogging. Et l’expérience lancée avec le grand mur numérique où il est possible de visualiser en temps réel les tweets et photos des spectateurs. De véritables possibilités d’enrichir toute wiki-carte qu’elle soit de type artiste, musique, temporelle ou encore spatiale.










